mercredi 13 mai 2009

Closure In Moscow - First temple


Closure In Moscow est un jeune groupe australien formé en 2006 par cinq amis de Melbourne. Vite repérés par leurs pairs américains de Saosin pour qui ils ouvrent sur leur continent puis mis en avant dans le magazine Alternative Press, il n'en faut pas plus pour que le label Taperjean Records (Limbeck, As Tall As Lions, Copeland) les signe et leur permette de sortir leur premier EP début 2008, 'The penance and the patience', avant que le groupe ne soit récupéré après maintes déboires par les bien plus réputés boss d'Equal Vision aux États-Unis. Et ce n'est pas une surprise si Closure In Moscow se retrouve aujourd'hui sur le même label que Circa Survive ou The Fall Of Troy. Leur rock progressif et technique et la voix aiguë de leur chanteur Chris De Cinque ont tout pour plaire aux fans du genre.

Ils sortent ce mois-ci leur premier album, produit tout comme l'EP par Kris Crummett (Drop Dead, Gorgeous, Fear Before, Dance Gavin Dance). Un album attendu de pied ferme par ce qu'on pourrait appeler la «communauté Absolute Punk», tant 'The penance and the patience' avait démontré un important potentiel créatif.
Les plus enthousiastes ne devraient pas être déçus. 'First temple' reprend les mêmes éléments prog-rock et alt-rock, mêlant avec brio passages techniques et mélodies catchy. Alors que certains titres sont de vrais hymnes à la guitare électrique ('Afterbirth'), d'autres laissent le devant de la scène au chant subtil et haut perché de De Cinque, rappelant inévitablement celui de Cedric Bixler-Zavala de The Mars Volta ('Reindeer age'), quelques-uns possèdent un évident rythme jazzy ('A night at the spleen'), tandis que les derniers sonnent davantage rock alternatif mid-tempo à la Saosin ('Deluge'). Les attaques sont puissantes, les guitares couinent en véritables explosions sonores, rythmées par la technicité des riffs de Mansur Zennelli et Michael Barrett. Le plus bel exemple est celui en intro de 'Sweet#hart' qui figurera sans nul doute au classement des meilleurs riffs de l'année. Closure In Moscow ne s'enferment cependant pas dans un schéma de technique poussée à l'extrême, le déluge des guitares étant accompagné de soignés samples de teneurs différentes, parfois électro ('Kissing cousins'), parfois ambiants ('Permafrost') et le groupe a même recours à l'acoustique sur l'interlude 'Couldn't let you love me', tandis que certains riffs de 'Sweet#hart' et 'Arecibo message' rappellent des sonorités orientales.
Les titres se démarquant le plus sont malgré tout les plus énergiques, situés dans la première moitié de l'album. La seconde est plus sombre et mid-tempo à l'image de 'I'm a ghost in twilight', un des rares titres ne donnant pas envie d'appuyer sur «repeat». Les écueils sont donc largement évités et on ressort de 'First temple' avec une agréable sensation de ne pas avoir eu à subir l'écoute de titres déjà entendus une centaine de fois comme c'est trop souvent le cas avec les nouveaux groupes actuels.

C'est cette capacité à briser le modèle habituel de composition des titres et cet habile mélange de technique, mélodie et originalité qui pourra faire de Closure In Moscow un des groupes majeurs de la scène dans le futur proche. Pour l'instant, les Australiens viennent en tous cas de produire un des meilleurs premiers albums de 2009 à ce jour.

Recommandé si vous aimez:
Saosin, The Mars Volta, Coheed And Cambria

Essayez aussi:
Damiera, Secret And Whisper, In:Aviate

www.myspace.com/closureinmoscow
(Equal Vision Records, 2009)

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