
L'histoire de New Found Glory est des plus intéressantes. Éternels outsiders du pop-punk des années 2000 derrière Blink-182 et Green Day, le groupe a tout de même su consolider sa troisième place avec des albums devenus des classiques du genre, 'New Found Glory' (2000) et 'Sticks and stones' (2002). Alors que leur popularité n'a cessé de croître, les albums suivants ont vu leur crédibilité faire le chemin inverse. Quand Green Day s'éloigne de ses pairs pour côtoyer les U2 et autres Coldplay et que Blink s'éteint, New Found Glory a l'occasion rêvée de monter sur la première marche du podium mais s'y prend les pieds avec 'Coming home', appuyant davantage sur le «pop» de «pop-punk» que ses prédécesseurs, jusqu'à donner un air niais à certaines compositions du disque. Le groupe se rend vite compte que leur nouvelle maturité fait fuir une grande partie de leur public et est difficilement exploitable en live. Alors que beaucoup le voient déjà mort et enterré, le phénix renaît de ses cendres deux ans plus tard et, à la surprise de tous, par le biais de la scène hardcore. Un buzz énorme accompagne l'annonce de la sortie d'un nouvel EP (et d'un album de leur side-project hardcore, International Superheroes Of Hardcore) sur le label Bridge Nine, maison de Have Heart et consorts, plus mosh que pogo dans l'âme. Réussi sans être exceptionnel, il redore le blason du quintet floridien qui reprend des couleurs, du punch et se met à tourner avec des groupes plus heavy. On a ainsi le sentiment que New Found Glory avait, peut-être pour la première fois de leur existence, quelque chose à prouver avec ce sixième album studio.
'Right where we left off', la chanson d'ouverture, est celle «qui en dit le plus sur le groupe aujourd'hui», selon le guitariste Chad Gilbert. Les premiers mots sont assez évocateurs, reprenant le titre de l'album: «You can't get rid of me that easy, no / Not without a fight». New Found Glory sont bien de retour, prêts à en découdre pour reprendre leur place. Le riff est lancinant, le punch et les changements de rythme rappellent 'Catalyst'. Le refrain manque cependant d'énergie et c'est le plus mid-tempo 'Don't let her pull you down' qui lance vraiment l'album. Les couplets sont très doux mais le refrain est en tout point poppy hardcore, le chant de Jordan Pundik y est impeccablement réalisé, toujours aussi nasal et reconnaissable, tandis que Chad, Steve et Ian trouvent leur mot à dire dans les faciles mais vifs back vocals sur fond de guitares saccadées.
Le premier coup de cœur et certainement le meilleur titre de l'album est le single 'Listen to your friends', qui n'est pas sans nous rappeler le plus gros hit du groupe, l'indémodable 'My friends over you'. 'Listen to your friends' a tout pour plaire: il est simple, catchy, le refrain est facile à retenir et à scander et les paroles forment une histoire, chose peu banale chez New Found Glory. C'est juste super efficace et le hook juste avant le refrain est tout bonnement excellent. D'autres titres sont parfaits pour hocher la tête en faisant du air guitar, tels 'Truck stop blues' (que Max Bemis de Say Anything qualifierait de «obligatory song about being on the road and missing someone») ou '47' qui possède une qualité instrumentale indéniable et où Cyrus Bolooki déploie toute son énergie derrière sa batterie, donnant du tempo à l'ensemble de la chanson. «I called you 46 times / And you answered on the 47th». Du vrai New Found Glory de l'époque 'Sticks and stones'. 'Tangled up' se démarque quant à elle par la double voix sur son refrain qui donne un nouveau souffle au chant et rappelle les meilleurs moments de 'Coming home'. L'inévitable participation vocale de l'irrésistible Hayley Williams (chanteuse de Paramore et copine de Chad) est difficilement remarquable sans en être averti.
Si le thème du combat est omniprésent autour de l'album (titre, pochette, photos promos, clip dans une cage d'Ultimate Fighting), les sujets des lyrics restent éternels et très NFGiens: filles, amitié et cœurs brisés. Cependant, alors que 'Coming home' voyaient les cinq musiciens grandir, 'Not without a fight' nous les montre grandis. 'Heartless at best' présente une plus grande maturité dans ses paroles et se distingue par sa mélodie mélancolique et la présence d'une guitare acoustique. Dans le même sens, 'This isn't you' n'est ni un hymne pour les foules, ni une ballade intimiste, juste une chanson simple et brillamment exécutée. Le doux break relance le titre qui se termine sur une superposition de chants.
Malheureusement, l'album a quelques petits coups de mou. Bien que les racines hardcore des Floridiens se fassent sentir davantage sur ce disque, elles restent dissimulées dans de courts breakdowns ou de simples gang vocals. Un peu comme sur l'EP 'Tip of the iceberg', il manque un peu de consistance à ces titres plus rentre-dedans. 'I'll never love again' aurait eu besoin de plus de vitesse avec son tempo hardcore (l'intro ramènera les plus nostalgiques au 'Jamestown' de The Movielife) et les cris de Chad. 'Such a mess' a une rythmique plus lourde, de gros riffs à la Four Year Strong et des roulements de batterie bien heavy calibrés pour le pit. La recette fonctionne sans pour autant faire des étincelles, là encore, quelque chose manque, surtout sur la fin et son breakdown un peu vide. 'Reasons', située quelque part entre la ballade acoustique et le titre pop-punk typique, aurait là aussi eu besoin de plus d'énergie et étonne par son solo de guitare en conclusion. Enfin, le dernier titre de l'album, 'Don't let this be the end', est plus faible que les chansons le précédant et n'attire vraiment l'attention qu'à sa toute fin, le refrain et ses back vocals en demi-teinte laissant la place à un joli chant à l'unisson du groupe qu'on aimerait voir durer plus longtemps.
(A noter que la b-side japonaise 'I'm the fool' mérite d'être téléchargée.)
'Not without a fight' possède l'énergie de 'Sticks and stones' et le songwriting solide de 'Coming home' mais le mélange est parfois délicat car la maturité n'est pas vraiment ce qui a fait le succès de leurs premiers albums, vers lesquels New Found Glory essayent de tendre avec celui-ci. Cet opus est plus uptempo, les rythmes imposés par les guitares de Chad Gilbert et Steve Klein plus saccadés et les chansons plus courtes et faites pour être reprises en chœur. Mais les titres simples et fun allant droit au but comme 'Listen to your friends' ne sont pas assez nombreux. Le disque manque parfois de consistance, notamment sur la fin, et il ne ramènera pas le quintet à sa popularité des années 'My friends over you'.
Il ne fait aucun doute qu'il fera cependant chanter les foules diversifiées que le groupe sait rassembler, des vieux punks old-school aux scene boys and girls de base en passant par les hardcore kids prêts à en découdre dans le pit. New Found Glory ne sont certes pas des virtuoses mais ils sont capables de faire crier un stade à l'unisson sur leurs refrains catchy et facilement mémorisables. Et au final c'est bien ce qu'ils cherchaient avec cet album du «renouveau» (Chad l'a qualifié de «premier disque du second chapitre de New Found Glory en tant que groupe», même si nous sommes nombreux à plutôt penser à 'Catalyst'), pouvoir prendre leur pied sur scène en faisant bouger leur public, chose trop souvent impossible avec les chansons de 'Coming home'. Cette mission-là est réussie, cet album est calibré pour le live de bout en bout. C'est leur ami Mark Hoppus de Blink-182 qui, à la production, a su orchestrer le tout et notamment, étant bassiste lui-même, travailler les tons de basse.
New Found Glory ne nous livrent pas ici un disque innovant ou phénoménal, mais un effort plein de vie, d'envie et de passion pour ce qu'ils font. Produisant des albums de qualité, restant proches de leur public et délivrant un des meilleures spectacles live tous styles confondus, le groupe mérite sa popularité au-delà de son genre. Dans une période où les nouveaux groupes powerpop fluos similaires en tout point affluent par centaines sur MySpace, mieux vaut se tourner vers les valeurs sûres. New Found Glory en ont toujours fait partie et ont cette capacité à rester les mêmes au-delà des années sans pour autant se démoder. Ils parviennent à se renouveler sans perdre l'essence des jeunes fous qu'ils étaient il y a dix ans. Comme l'annoncent les pubs pour l'album, «les poids-lourds incontestés du pop-punk sont de retour et prêts à récupérer leur couronne».
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www.myspace.com/newfoundglory
(Epitaph Records, 2009)
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super review moi j'aurais aimé en faire une. Mais bon en étant fan du groupe, c'est compliqué, mais ça n'empèche pas de voir mes commentaires sur l'album dans mon blog : http://himynameisrony.canalblog.com et si tu es fan de NFG rendez-vous sur le site de la communautée francophone de NFG : http://nfgfrance.free.fr. Sinon sympa ton blog j'aime bien. ;)
RépondreSupprimerAllez @+
Rony
Parfait Ro'!
RépondreSupprimerJ'avais l'album parcequ'on m'a "imposé" sa possession mais je l'avais jamais vraiment écouté, j'en entendais juste des brides, mode aléatoire oblige. Bref en gros ta review me permet de me pencher plus dessus, merci. =)